pourtant je flotte
ma tête vagabonde
sur un oreiller d'hôtel
entre deux mondes
j'ai un Blackberry ombilical
branché sur le head office
et je fais le monitoring
du silence radio
mes craquelures
mes messages
mes mots
de syllabes vagues
à peine prononcées
mon écriture numérisée
dans l'adn de mes sms
lancés comme des s.o.s.
corporate hobo
j'erre encore
debout
aux rues
pleines
ou vides
transitant
en transe
parasitant
en hésitant
entre destinations inconnues
ou trop familières
je suis
ce bétail
ces passagers abasourdis
en masse muette
en meute massive
défilant en silence
avec un regard
d'atterissage
les miles défilent
le kilométrage continu
au passé, au présent
pour un futur en conserve
sur des rails indéfinis
ou des corridors aériens
dans les trains usés ou les avions remplis
nos bagages pèsent plus que nos corps alourdis
les miles défilent
les kilomètres continuent et passent
ma rage à présent contenue
ne mène à rien
l'itinérance d'affaires
la cravate comme une laisse
entre la vie et le business
ceux que l'on laisse
pour des acronymes dans l'ivresse
ont des restants de cartes d'affaire
tatoués dans les poches
black shoes
black suit
black tie
autant de ceintures noires
et de combats simulés
dans des allées de supermarchés
l'homme de fer
l'homme d'affaires
le corporate hobo
erre solitaire
entre chemin de fer
et liaisons d'affaires
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