le train
avance
révèle
obcène
les revers
les façades
l'inattendu
l'endos
le verso
des villes
les tunnels
les déchets
les traces d'urine
les entraves
les blocages
je suis
un voyeur
je suis
un passager
qui regarde
trop
un paysage
s'expose
défile
déroulant
l'encombrement
des vieilles bouteilles de vodka vidées
des fauteils brûlés
des cannettes de bière
des mégots partout
des usines vides
de toutes ces choses
qui agonisent
le béton cache
mal tout cela
et laisse tout dépasser
entre ses interstices
on voit
des dentelles
de rouille
des craquelures
des plaies blanches d'efflorescence
recouvertes de graffitis
interchangeables
en copie carbone
les cités glauques
les cloaques de ciment
ressemblant à des labyrinthes
se dressent dans l'urbanisme droit
des années glorieuses
de la télévision en couleur
si on y marche
la nuit
on se fait descendre
lentement
un
à
un
le train
traverse
tout
les charniers
les abattoirs
à ciel ouvert
les yeux fermés
cachés
derrière les conteneurs
les tunnels
se ressemblent tous
avec leurs éclairages
muets et froids