2015-10-31

IROC-Z

Huey Lewis and the News
et de la cocaïne
au volant
d'une Camaro IROC Z
bleu metal flake
défoncé
à sniffer
les lignes fluos
de tes déhanchements
à boire ta sueur rance
et le lycra jaune
de tes veines
qui pulsent
sous les stroboscopes

belle
de silicone
bombasse
écarlate
tu t'éclates
en attendant le retour
of the boom bap

"you know my name
never crossed over"

toujours debout
le sexe durci
par la section adulte
des vidéoclips
sur Youtube
où les vieux VHS
bavent une mouille cathodique
de blonde bleachée
et de pornos californiens

l'usure javelisée
délavée
suinte
dans des copies illégales
de snuff movies

ma défonce
se fera en direct
en rediffusion sous-titrée pour les malentendants
live and direct
sans condom
le sursaut
le bareback lubrique
et lyrique
avec ce que cela comporte
de risques
et de sauts
dans le vide

2015-10-23

tie-wraps

pas mort
pas encore
pas trop sûr
d'être vivant
non plus

j'ai le pouls fade
de la quarantaine

la quarantaine
d'un moment
loin des vivants
à soigner des plaies 
qui réouvrent
parce que mal cousues

un tie-wrap
pour rattacher les chairs
sur des syllabes qui fuitent
hors des pansements

je traîne
des silences lourds 
comme des pierres
pour lapider
ce qui se couche
dans ma rage

mon haleine
porte une boue
mêlée aux tripes

à tout ce qui m'attend
des pierres plein la peau

m'écraser au sol
sous les coups
et les cris
pour 
attendre 
le dernier souffle

2015-10-16

johnny mnémonique 0.2_*E

jours de grand vent
et ce souffle
qui charrie
les poussières

les vieux journaux
meurent
en silence

les sacs de plastique
vont mourir
dans l'estomac
des derniers poissons

jours de grand vent
les bourrasques
qu'on peut entendre
sont sans importance

la banalité ordinaire
de la bousculades des syllabes
un amas de voyelles
retombe au sol
s'accumule au pied
des gratte-ciels
en tas de fientes
grises

l'opium délavé
des restant de journées
incompréhensibles

des sacs de plastique
se déposent sur mes pensées
et obstruent ma mémoire

johnny mnémonique
fait de l'alzheimer
et joue du klezmer
épileptique
nu
dans le parc vide
d'un orage médiatique

2015-10-02

élastiques

pour S.N.

fatigué
de ta présence
de te savoir là
sans me voir

fatigué
de tout ce qui m'appelle
et de ce que je dois taire

fatigué
de m'enfouir
dans ce long silence
de me noyer dans la musique
dans les vapeurs
dans mes nuits creuses
avec l'immobile tumeur
qui me ronge
à la longue

fatigué
à force d'attendre
j'use mes jours
à la prison
des viandes

j'ai un corps
en manque
qui tremble
perforé de désirs
qui s'effilochent
par les veines

j'ai des artères
qui cèdent
comme des élastiques usés
qu'on étire trop
et qui snappent
au creux
des côtes