en pensant à Denis Vanier et Josée Yvon
mes héros sont morts
paralysés
sous les pylônes
je suis le fils indigne
de cette lignée de parias
un autre héritier
de cette dynastie de sans-abris
de repris de justice
et d'ex-détenus
qui s'autoproclament prophètes
au fond des tavernes
je suis
d'une autre race
d'une sous-espèce
à la génétique piratée
et mon ADN
est patché
au duct tape
j'ai suivi longtemps
l'errance de ceux qui fuient
en écrivant
d'un
seul
jet
sur
des
rouleaux
de
papier
enfoncés
dans
une
machine
à
écrire
oui,
j'ai un panthéon brûlant
de filles violentes maniant la machette
de fugueurs en camisole de force
et de vieillards homos
peignant des chef d'oeuvres
à la carabine
dans la colonie pénitentiaire
où je suis né
les poètes ont le cou tatoué
par le chanvre
et les veines percées
à force de rapiécer
les fins de mois
avec les prisonniers
avec les meurtriers
avec les enfants du quartier
je fume des restants de mégots
je rêve à la fée des étoiles
et son clitoris
qui shine dans le ciel
comme une nouvelle lune
sur la rue Ontario
je suis
moi aussi
un fauve de l'asphalte
un carnassier intoxiqué
qui se cherche
une plus grosse dose
pour passer à travers
c'est comme ça
on a échoué
à me domestiquer
je sors la nuit
malgré la peur et la terreur
malgré les croix sur les montagnes
malgré les tasers
malgré le SWAT team
malgré les alertes orange
sous les drones furtifs
je reste tapi
dans mon camouflage
à écouter les voix
de ceux qui sont morts
mes héros sont morts
paralysés
sous les pylônes
je suis le fils indigne
de cette lignée de parias
un autre héritier
de cette dynastie de sans-abris
de repris de justice
et d'ex-détenus
qui s'autoproclament prophètes
au fond des tavernes
je suis
d'une autre race
d'une sous-espèce
à la génétique piratée
et mon ADN
est patché
au duct tape
j'ai suivi longtemps
l'errance de ceux qui fuient
en écrivant
d'un
seul
jet
sur
des
rouleaux
de
papier
enfoncés
dans
une
machine
à
écrire
oui,
j'ai un panthéon brûlant
de filles violentes maniant la machette
de fugueurs en camisole de force
et de vieillards homos
peignant des chef d'oeuvres
à la carabine
dans la colonie pénitentiaire
où je suis né
les poètes ont le cou tatoué
par le chanvre
et les veines percées
à force de rapiécer
les fins de mois
avec les prisonniers
avec les meurtriers
avec les enfants du quartier
je fume des restants de mégots
je rêve à la fée des étoiles
et son clitoris
qui shine dans le ciel
comme une nouvelle lune
sur la rue Ontario
je suis
moi aussi
un fauve de l'asphalte
un carnassier intoxiqué
qui se cherche
une plus grosse dose
pour passer à travers
c'est comme ça
on a échoué
à me domestiquer
je sors la nuit
malgré la peur et la terreur
malgré les croix sur les montagnes
malgré les tasers
malgré le SWAT team
malgré les alertes orange
sous les drones furtifs
je reste tapi
dans mon camouflage
à écouter les voix
de ceux qui sont morts