il nous faut survivre
passer le corps dans l'ouverture
enjamber le seuil
recommencer les gestes
qu'on nous a appris
et refaire les noeuds
qui nous retiennent
puis serrer les dents
pour rester éveillé
pour tout voir
pour subir tous les affronts
jusqu'à ce qu'on nous fasse disparaître
dans un peu de terre
Poésie de contrebande, poésie urbaine, poésie contemporaine, street poetry par Marc Andre Lacas. Entre Montréal, Paris et Amsterdam les blindages sont percés et la lumière cherche à s'échapper.
2011-07-27
2011-07-26
paroles
parole
de glace
de béton
de glaise
mais parole
tu t'allonges
pour attendre
que je m'essouffle
que je m'abandonne
à défaire
ton corsage
les lanières de cuir
et les peaux agrafées
que tu me laisses approcher
me ramènent
à ma solitude
à
ce qui vacille
en moi
parfois je peux
m'y enfoncer
et mettre une barre d'acier
sur la porte
sur mes instincts
verrouillés
dans un malaise
sous les glaises
froides
de ton impatience
il y a
des nuits qui filent
sans que nous échangions
un mot
un regard
un baiser
un geste
laisses-moi
un semblant de parole
et je serai guéri
de glace
de béton
de glaise
mais parole
tu t'allonges
pour attendre
que je m'essouffle
que je m'abandonne
à défaire
ton corsage
les lanières de cuir
et les peaux agrafées
que tu me laisses approcher
me ramènent
à ma solitude
à
ce qui vacille
en moi
parfois je peux
m'y enfoncer
et mettre une barre d'acier
sur la porte
sur mes instincts
verrouillés
dans un malaise
sous les glaises
froides
de ton impatience
il y a
des nuits qui filent
sans que nous échangions
un mot
un regard
un baiser
un geste
laisses-moi
un semblant de parole
et je serai guéri
2011-07-25
porto
le rubis sucré
que tu verses
dans un verre
fait écho
à ta cigarette allumée
dans une négligence
parfaite
déterminée
ta démarche
grave
me rappelle
les gestes d'une évadée
sortant
d'un pénitencier
ou d'un centre d'appel
la tête
dans le sable
on boit
à ta santé
dans un triplex de Rosemont
plus froid
qu'un congélateur de boucher
quand janvier
nous passe au travers
je passe mon temps
à suivre
les veines bleues
qui irriguent
tes cuisses musclées
entre le vice
et le vin rouge
je passe
mes doigts
dans ta chevelure
noire
bouclée
qui sent les herbes couchées
d'un soleil
révolu
oublié
au Parc Lafontaine
tu te ressers
un verre
tu le cales d'un coup
en riant
en pointant
les incendies
que tu as allumé
sans que je m'en aperçoive
que tu verses
dans un verre
fait écho
à ta cigarette allumée
dans une négligence
parfaite
déterminée
ta démarche
grave
me rappelle
les gestes d'une évadée
sortant
d'un pénitencier
ou d'un centre d'appel
la tête
dans le sable
on boit
à ta santé
dans un triplex de Rosemont
plus froid
qu'un congélateur de boucher
quand janvier
nous passe au travers
je passe mon temps
à suivre
les veines bleues
qui irriguent
tes cuisses musclées
entre le vice
et le vin rouge
je passe
mes doigts
dans ta chevelure
noire
bouclée
qui sent les herbes couchées
d'un soleil
révolu
oublié
au Parc Lafontaine
tu te ressers
un verre
tu le cales d'un coup
en riant
en pointant
les incendies
que tu as allumé
sans que je m'en aperçoive
2011-07-19
fluides
d'une douleur
à l'autre
d'une bouche
à l'autre
d'un souvenir
à l'autre
d'un rouge à lèvres
à l'autre
autant
de parfums volés
sur de petits seins perchés
dans une guêpière de l'Armée du Salut
avec pour seul relief
tes mamelons
qui sentaient
la thérébentine
je garde
sur moi
la trace des boules à mites
le marquage du territoire
entre l'aine et le fauve
veillant sur l'imprudence
qui braise en toi
baignade
dans les sueurs
à l'aube
au passage
des sécrétions
on s'attache
on tisse nos toiles
avec les fluides
qu'on trouve
le plus souvent
dans un flacon de verre
volé dans le bar de tes parents
à l'autre
d'une bouche
à l'autre
d'un souvenir
à l'autre
d'un rouge à lèvres
à l'autre
autant
de parfums volés
sur de petits seins perchés
dans une guêpière de l'Armée du Salut
avec pour seul relief
tes mamelons
qui sentaient
la thérébentine
je garde
sur moi
la trace des boules à mites
le marquage du territoire
entre l'aine et le fauve
veillant sur l'imprudence
qui braise en toi
baignade
dans les sueurs
à l'aube
au passage
des sécrétions
on s'attache
on tisse nos toiles
avec les fluides
qu'on trouve
le plus souvent
dans un flacon de verre
volé dans le bar de tes parents
verglas
le centre de la ville
enfoui sous la neige
j'avance
à peine
pris
au ralenti
emmuré
vivant
un cocon ouateux
coussine mes pas
une hécatombe nouvelle
froide
blanche
sans frontière
à la pureté
de mes traces vives
de mes inscriptions
légères
sur le coeur
de la Main
là
dans les pannes électriques
les hélicoptères de l'armée
ont retrouvé une forêt
de pylones tordus
un bruit de branche
qui craque
qui claque
déchire
un silence
qui ne semble pas
vouloir finir
enfoui sous la neige
j'avance
à peine
pris
au ralenti
emmuré
vivant
un cocon ouateux
coussine mes pas
une hécatombe nouvelle
froide
blanche
sans frontière
à la pureté
de mes traces vives
de mes inscriptions
légères
sur le coeur
de la Main
là
dans les pannes électriques
les hélicoptères de l'armée
ont retrouvé une forêt
de pylones tordus
un bruit de branche
qui craque
qui claque
déchire
un silence
qui ne semble pas
vouloir finir
2011-07-03
sauvage
à cette ramification
des veines menant aux feuilles
j'ajoute ma dérive dans les branches
la forêt brûlera
cette fois-ci les Canadairs ne suffiront pas
je serai alors
un glissement de terrain
un tsunami de chair blanche
avec la furie d'un volcan pur
je finirai
nu
recroquevillé
sur mes origines
comme un mutant
pétri d'une terreur
animalesque
lorsque je brâmerai
à en déchirer la lune
les caribous
sauront ce qui me ronge
je rêverai
au choc des mâchoires
les chiens arriveront
et je les sentirai
d'innombrables déchirures
aux griffes terreuses
suivront leurs empreintes
à l'odeur des sueurs
les canines séviront
au creux des nerfs
pénétrant
le musc de la chasse
et tout ce qui monte
dans le matin
des muscles
de la peur
des lacérations de lenteur
découpent l'intimité
te faisant retrouver
le frisson pur
du gibier
le sang glissera
entre tes fougères
et je ferai pour toi
une danse de pelage
un masque funéraire
une incantation
le long de tes cuisses
je te donnerai
un chant
unique
en hommage
aux cadavres du sous-bois
aux entailles
aux ligaments
au tissage
de nos viandes
tu promets de me fabriquer
un peu d'humus d'animal
pour nous permettre
d'être sauvage à nouveau
des veines menant aux feuilles
j'ajoute ma dérive dans les branches
la forêt brûlera
cette fois-ci les Canadairs ne suffiront pas
je serai alors
un glissement de terrain
un tsunami de chair blanche
avec la furie d'un volcan pur
je finirai
nu
recroquevillé
sur mes origines
comme un mutant
pétri d'une terreur
animalesque
lorsque je brâmerai
à en déchirer la lune
les caribous
sauront ce qui me ronge
je rêverai
au choc des mâchoires
les chiens arriveront
et je les sentirai
d'innombrables déchirures
aux griffes terreuses
suivront leurs empreintes
à l'odeur des sueurs
les canines séviront
au creux des nerfs
pénétrant
le musc de la chasse
et tout ce qui monte
dans le matin
des muscles
de la peur
des lacérations de lenteur
découpent l'intimité
te faisant retrouver
le frisson pur
du gibier
le sang glissera
entre tes fougères
et je ferai pour toi
une danse de pelage
un masque funéraire
une incantation
le long de tes cuisses
un chant
unique
en hommage
aux cadavres du sous-bois
aux entailles
aux ligaments
au tissage
de nos viandes
tu promets de me fabriquer
un peu d'humus d'animal
pour nous permettre
d'être sauvage à nouveau
Inscription à :
Articles (Atom)