je serai
ce dictateur
épilé
ce dictateur
épilé
nu
dans ma robe de verre
parfumé
au gaz moutarde
je vous ferai
mes discours de vent
sur des pages molles
teintées de violet
de rose
et de virus
de rose
et de virus
je vous embrasserai
l'intimité
avec toute l'indécence
de ce qui pue au coeur
des manifestes lubriques
de ce qui pue au coeur
des manifestes lubriques
je serai
un drone hurleur
une déchirure
comme une fêlure
dans un ciel de plomb
je m'écrierai
au-dessus de vous
je serai
un vrombissement pur
limpide de haine
je mâcherai
de la chair vive
au creux de mes mandibules
mes factions de mercenaires
viendront vous chasser
les jeunes filles qui tressent les barbelés
attendront de copuler avec les tanks
je gémirai
de plaisir
ou de honte
en enfonçant
un porte-avion
ou un lance-roquette
dans vos gorges
j'aurai un inventaire complet
l'arsenal parfait:
des exterminateurs
des rats
des assassins
des blattes
des banquiers
des guépards
des commandos
dopés
aux os de graphène
pour extraire
vos huiles et vos phlegmes
ensuite viendront
des matamores
aux chromosomes synthétiques
lubrifiant leurs bruyantes musculatures
sous des veines pétries de transgénisme
puis
des lutteurs huilés
de gangrène et de pus
chevauchant des méduses
de marque Harley Davidson
et encore
des phalanges de zombies
fumant du crack
qui avaleront tout ce qui respire
ce qui bouge
ce qui remue
ce qui rêve
encore
j'ajouterai ceci:
tout ce qui bouge
sera matraqué
ensuite
j'orchestrerai
les plaies
les pluies
les missiles tomahawk
il y aura symphonie
un scherzo lance-flammes
aux percussions de shrapnels
ponctuées de bombes à fragmentation
je dirigerai
la confusion
les gènes
et les corps
avec des électrochocs
pour seuls repères
en ce printemps
c'est la révolution
on fait tomber
mes bustes de bronze
mes effigies de chrome
mes affiches de demi-dieu
une colère
bactériologique
me ravage
me contamine
de l'intérieur
on me dit déchu
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