j'ai rayé ton nom
de ma liste
celle qui traîne
au fond
de mes poches
celle
que j'ai chiffonnée
à force de t'attendre
à force de te laisser
ta chance
je t'ai perdu
au fond de moments instantanés
du bonheur
en poudre
rapidement
dissolu
tout
ce qui se disloque
et qu'on fait couler
dans des alcools
de plus
en plus
forts
des remèdes
qui nous réduisent
à échanger des regards
sans se toucher
à faire des gestes
pour embrasser le vide
pour finir
pour fuir
dans la nuit
en récitant
des injures toxiques
troublant
le tragique
en s'adonnant
au trafic
des palpitations
Poésie de contrebande, poésie urbaine, poésie contemporaine, street poetry par Marc Andre Lacas. Entre Montréal, Paris et Amsterdam les blindages sont percés et la lumière cherche à s'échapper.
2011-08-29
2011-08-25
tournevis
tout me frappe
tout m'atteint
tout me blesse
j'avance
sans protection
ni filtre
les viscères
à découvert
malgré
les coups
les revers
je me tends
vers ton poing fermé
vers ces paroles
que tu aiguises
sans cesse
avec des lames de rasoir
sous ta langue
tu scandes
tes syllabes
de scalpel
je suis ton vieil amant
avec ma rouille
bien en évidence
je reviens
je suis ouvert
je reçois tout
puis j'attends
je panse
mes plaies
de tournevis affutés
comme des tatouages
de passage
au pénitencier
2011-08-17
cadavre baleine
je porte
des fruits
sans lumières
je suis
étourdi
essoufflé
même
le vin s'évente
en fait
tout s'éventre
les bidons sont vides
et il ne reste
plus rien à boire
en fait
plus rien n'est pour nous
plus rien ne nous appartient
plus rien ne remplacera
le fusil bien rempli
avec ses cartouches qui tuent
il y a là
plus loin
un cadavre baleine
jetté sur des berges
pour nous rappeler
que nous sommes
inassouvis
nus
et de moins en moins
vierges
et honnêtes
des fruits
sans lumières
je suis
étourdi
essoufflé
même
le vin s'évente
en fait
tout s'éventre
les bidons sont vides
et il ne reste
plus rien à boire
en fait
plus rien n'est pour nous
plus rien ne nous appartient
plus rien ne remplacera
le fusil bien rempli
avec ses cartouches qui tuent
il y a là
plus loin
un cadavre baleine
jetté sur des berges
pour nous rappeler
que nous sommes
inassouvis
nus
et de moins en moins
vierges
et honnêtes
2011-08-03
fleuve
je voudrais être
une drogue noire
douce
sombre
et irresistible
pour pouvoir
te retenir
par les artères
je serai
un fleuve
une force
une crue
une cascade ivre
coulant
remontant
escaladant
tes veines
ensuite
en ton sang
je pomperai
ce qui te sert
de coeur
je
capturerai
enfin
ce qui remue
et s'anime
en ton ventre
une drogue noire
douce
sombre
et irresistible
pour pouvoir
te retenir
par les artères
je serai
un fleuve
une force
une crue
une cascade ivre
coulant
remontant
escaladant
tes veines
ensuite
en ton sang
je pomperai
ce qui te sert
de coeur
je
capturerai
enfin
ce qui remue
et s'anime
en ton ventre
2011-08-02
1982
matchbox
golgoth
déguisement d'Albator
armé jusqu'aux dents
pour aller faire un tour
sur Hoth
ou sur Dagobah
en visite chez toi
dans ta chapelle de Jedi
dans un bungalow de carton
je garde sur moi
l'odeur de ta chambre
avec l'humidité du sous-sol
qui nous moisit sur place
et
qui nous éloigne
des chambres interdites
celle de tes parents
qui sent fort
le parfum
et l'animal mouillé
celle de ton grand-frère
celle
qui cache tant choses
l'odeur sucrée de la marihuana
le cuir
les lanières
les chaînes
le lit d'eau et les vieux Playboys aux photos brunes
la crasse
les Adidas usés
les posters de Kiss
et de AC/DC
nous autres
les ti-culs
on se bat dans la cour d'école
pour devenir plus fort
pour avoir moins mal
pour fumer du vrai tabac
on se fait des trips
des buzz
des semblant de psychoses
on boit du concentré de citron
on s'injecte des sueurs de vinaigre
de la petite vache
et du Pepsi chaud
dans une bouteille de vitre
puis on trippe
ce qui invariablement
me ramène
à l'odeur
de la petite culotte
de ta petite soeur
la pisseuse
cherche mon regard
avec un gant de baseball
entre les cuisses
on va au parc
dans la fusée
qui ressemble à une cage
on a les jeux qu'on trouve
avec des filles qui s'égarent
qui fuguent
et
qui ne veulent plus jouer à la bouteille
des joints traînent par terre
les Tonka dans le sable
rouillent en silence
la piscine pleine de chlore du parc
te bleache jusqu'au coeur
vient le temps de rentrer souper
tes vacances trop longues
deviennent de plus en plus courtes
golgoth
déguisement d'Albator
armé jusqu'aux dents
pour aller faire un tour
sur Hoth
ou sur Dagobah
en visite chez toi
dans ta chapelle de Jedi
dans un bungalow de carton
je garde sur moi
l'odeur de ta chambre
avec l'humidité du sous-sol
qui nous moisit sur place
et
qui nous éloigne
des chambres interdites
celle de tes parents
qui sent fort
le parfum
et l'animal mouillé
celle de ton grand-frère
celle
qui cache tant choses
l'odeur sucrée de la marihuana
le cuir
les lanières
les chaînes
le lit d'eau et les vieux Playboys aux photos brunes
la crasse
les Adidas usés
les posters de Kiss
et de AC/DC
nous autres
les ti-culs
on se bat dans la cour d'école
pour devenir plus fort
pour avoir moins mal
pour fumer du vrai tabac
on se fait des trips
des buzz
des semblant de psychoses
on boit du concentré de citron
on s'injecte des sueurs de vinaigre
de la petite vache
et du Pepsi chaud
dans une bouteille de vitre
puis on trippe
ce qui invariablement
me ramène
à l'odeur
de la petite culotte
de ta petite soeur
la pisseuse
cherche mon regard
avec un gant de baseball
entre les cuisses
on va au parc
dans la fusée
qui ressemble à une cage
on a les jeux qu'on trouve
avec des filles qui s'égarent
qui fuguent
et
qui ne veulent plus jouer à la bouteille
des joints traînent par terre
les Tonka dans le sable
rouillent en silence
la piscine pleine de chlore du parc
te bleache jusqu'au coeur
vient le temps de rentrer souper
tes vacances trop longues
deviennent de plus en plus courtes
2011-08-01
gazoduc
veinages:
mon sang coagule
en tresses
de plaies vives
et
mes envies coulent
comme des noyades
tu me nies
d'une tendre terreur
puis
tu me dénigres
ornementée
aux armes blanches
tu me conjures
tu me brises
et prolonge
mes coupures
la cicatrice naîtra
pour te faire
un nouveau
trophée de chasse
j'aurai
une médaille de guerre
sur ma poitrine rapiécée
qui laissera voir
mes artères soudées
sur de vieux geysers
est-ce que tu devines
les gisements de rage
dans mon schiste
bien vivant?
mon sang coagule
en tresses
de plaies vives
et
mes envies coulent
comme des noyades
tu me nies
d'une tendre terreur
puis
tu me dénigres
ornementée
aux armes blanches
tu me brises
et prolonge
mes coupures
la cicatrice naîtra
pour te faire
un nouveau
trophée de chasse
j'aurai
une médaille de guerre
sur ma poitrine rapiécée
qui laissera voir
mes artères soudées
sur de vieux geysers
est-ce que tu devines
les gisements de rage
dans mon schiste
bien vivant?
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