2011-04-30

Van Horne

au radeau de tes regards
dans la grammaire des bruits
des artères au printemps
j'écume la ville
j'épuise le souvenir
de la rue Van Horne
et le coin de rue
du presque baiser
dans l'hésitation
du méfait
quand les masques
de mutations chaudes
ont eu le regard
porté ailleurs

malgré tout
nous luttions
contre nos engrenages
contre nos veines
qui se frottaient
dans les déclics
de l'éphémère
à vitesse grand V

après le délit...

...la fuite

j'ai passé l'overpass
à rouler dans la rage
de long en large
dans du black kilométrage
pour oblitérer
mes sens
un à un
en commençant par le toucher
puis en continuant
à rouler vite
à rouler fort
à rouler dur
pour oublier
une fois pour toutes
la chienne des secondes à naître
la chienne des heures qui fuient

pour oublier
que j'ai tellement eu la chienne
de t'embrasser
tellement...

natrium cyanide

debout
perdu
comme de la neige brune
dans un hiver de lèvres gercées

l'étreinte
de l'ennui
sur le pont Jacques Cartier
du fleuve menteur

un téléphone éteint
que j'abandonne
dans l'usure
du bruit des moteurs

un savant mélange
de vodka
et de suaire
pour la grande révélation 
pour la lumière qui purge

tes mains chaudes 
qui palpaient ma peau
comme des lames de rasoir

un rayon de soleil
sur tes seins
percés à coup de mégots

à force d'attendre 
je vais retourner me coucher
avec cet arrière-goût:

un dernier verre
sur mes plaies
le soir inachevé
qui se mêle à la sueur
des suicides en série
qui ne cicatrisent pas

une peau suintant
suffisament
pour faire pâlir la marée

une fille déviante
qui me laisse son sourire
dans matin de craquelures aux aines

je ne sais pas qui a vomi dans l'évier

(remix d'un texte du 1997-04-03)
(remix 2013, d'un texte paru en 2011)

2011-04-23

drone hurleur

je serai
ce dictateur
épilé

nu
dans ma robe de verre

parfumé
au gaz moutarde

je vous ferai 
mes discours de vent
sur des pages molles
teintées de violet
de rose
et de virus

je vous embrasserai
l'intimité 
avec toute l'indécence
de ce qui pue au coeur
des manifestes lubriques

je serai
un drone hurleur
une déchirure
comme une fêlure
dans un ciel de plomb

je m'écrierai
au-dessus de vous

je serai
un vrombissement pur
limpide de haine

je mâcherai
de la chair vive
au creux de mes mandibules

mes factions de mercenaires
viendront vous chasser

les jeunes filles qui tressent les barbelés
attendront de copuler avec les tanks

je gémirai
de plaisir
ou de honte
en enfonçant
un porte-avion
ou un lance-roquette
dans vos gorges

j'aurai un inventaire complet

l'arsenal parfait:

des exterminateurs
des rats
des assassins
des blattes
des banquiers
des guépards
des commandos
dopés
aux os de graphène
pour extraire
vos huiles et vos phlegmes

ensuite viendront
des matamores
aux chromosomes synthétiques
lubrifiant leurs bruyantes musculatures
sous des veines pétries de transgénisme

puis
des lutteurs huilés
de gangrène et de pus
chevauchant des méduses
de marque Harley Davidson

et encore
des phalanges de zombies
fumant du crack
qui avaleront tout ce qui respire
ce qui bouge
ce qui remue
ce qui rêve
encore

j'ajouterai ceci:

tout ce qui bouge
sera matraqué
ensuite

j'orchestrerai
les plaies
les pluies
les missiles tomahawk

il y aura symphonie
un scherzo lance-flammes
aux percussions de shrapnels
ponctuées de bombes à fragmentation

je dirigerai
la confusion
les gènes
et les corps
avec des électrochocs
pour seuls repères

en ce printemps
c'est la révolution
on fait tomber
mes bustes de bronze
mes effigies de chrome
mes affiches de demi-dieu

une colère
bactériologique
me ravage
me contamine
de l'intérieur

on me dit déchu

2011-04-10

basse révolution

nuits clairesemées
par trop de voyeurisme
brutifiant les visions
des agissements granulaires
quand le détaillé high end
se passe en haute résolution

rougeurs d'usures
traces de silicone
oedêmes et pustules
comme des ornements
à l'usure des sexes

je laisse traîner mes papilles gustatives
sur ta graisse
lubrifiant au contact
les kilobytes
le rinçage
et les pincements
dans le frottement des laideurs

je me fais un tournoi
de grincements de dents
en rougissant
les yeux honteux
de tant de couleurs

je suis amoureux
d'une panoplie
de poupées empoulpées
dans une ère de crunk
qui danse nue
sur des tables
en basse révolution

corporate hobo

they say there is no place like home
pourtant je flotte
ma tête vagabonde
sur un oreiller d'hôtel
entre deux mondes

j'ai un Blackberry ombilical
branché sur le head office
et je fais le monitoring
du silence radio

mes craquelures
mes messages
mes mots
de syllabes vagues
à peine prononcées

mon écriture numérisée
dans l'adn de mes sms
lancés comme des s.o.s.

corporate hobo
j'erre encore
debout
aux rues
pleines
ou vides
transitant
en transe
parasitant
en hésitant
entre destinations inconnues
ou trop familières

je suis
ce bétail
ces passagers abasourdis
en masse muette
en meute massive
défilant en silence
avec un regard
d'atterissage

les miles défilent
le kilométrage continu
au passé, au présent
pour un futur en conserve
sur des rails indéfinis
ou des corridors aériens


dans les trains usés ou les avions remplis
nos bagages pèsent plus que nos corps alourdis


les miles défilent
les kilomètres continuent et passent
ma rage à présent contenue
ne mène à rien

l'itinérance d'affaires
la cravate comme une laisse
entre la vie et le business

ceux que l'on laisse
pour des acronymes dans l'ivresse
ont des restants de cartes d'affaire
tatoués dans les poches

black shoes
black suit
black tie
autant de ceintures noires
et de combats simulés
dans des allées de supermarchés

l'homme de fer
l'homme d'affaires
le corporate hobo
erre solitaire
entre chemin de fer
et liaisons d'affaires

2011-04-01

Valley Drive

(inspiré par Charles Bukowski)

marcher
du Flamingo au Luxor
puis prendre un chemin de travers
pour quitter la strip
pour aboutir sur valley drive

à minuit
les tumbleweeds
traversent les boulevards froids

the underbelly of Vegas
se met à grouiller

grisés par le moonshine du cauchemar
les sans-abris
en marge du glitter
pissent contre les clôtures


leurs paniers d'épicerie
sont cachés dans les ramparts de l'autoroute

des crachats
des fucking shit
des résidus de haine
des recoins à l'abandon
décorent un parc industriel en friche

l'odeur des terrains vagues
qui défonce au passage

des chats se cachent
dans les entrailles d'un vieux Plymouth

un Cadillac paralytique
prêche sa rouille
sa pourriture
dans la cour des miracles à scrappe

...de retour au Sahara Tahoe
j'ai envie d'une séance de topless bull riding