2015-05-29

paupières

les barrages qui cèdent
déversent un fiel nouveau
sur le dos des anges

un torrent de cris
dénudés
se mêle au sang
quand l'angoisse
survient
dans un fracas
de lumière

la fracture brute
des gravats
la chair humaine
reste coincée
sous nos ongles
à gravir les escarpements
de ce qui nous
écorche

je grave mes mots 
dans la lave
avec des brûlures
sur la langue
à force de réciter
les anéantissements
qui se lovent
sous mes paupières nouées

2015-05-22

nerfs optiques

je me sais
fracturé

un castrat
de plâtre
au coeur rétréci
à force
d'y griffonner
des ratures

j'ai le rire
noirci
et
je caresse
passagère
quand
la trace indélébile
de tes doigt englués
sur ma peau
laisse son encre

cela brûle le papier
et laisse mes souvenirs opaques

j'en ressens
les secousses

depuis ce matin
je me sais inopérant
prisonnier
des griffures fauves
et farouches
d'une panoplie
de griffes plantées
au fond de mes cuirs

tu viendras
à la conquête
de mon visages recousu
avec ta petite vérole
pour polluer
mes totems de polaroids
mes nerfs optiques
avec de faux souvenirs
imprimés
sur des étreintes
éteintes

2015-05-18

avortement

tu tentes
des jarretelles nouvelles
pour tester
l'élasticité des regards

savoir
si je suis
plus pervers
que toi
avec
mon oeil
penché
sous les jupes

tu montres
ton sexe rasé
frais et parfumé
aux enfants
aux passants
à tout ce qui bande
pour te faire sniffer
l'essence
en plein métro

tu reprends
du service
tu m'aspires le cœur
pour le recracher
dans les toilettes
comme un fœtus
après l'avortement

2015-05-08

bruxelles

entre pierre et verre
une brique dans le ventre
les langues
et les odeurs
les salives mêlées
me reste
un bordel de syllabes

un goedonavond
arrosé de Duvel

une enfilade
de pluies grises
sur des pierres bleues

une empilade
de langues
au chevauchement flou

une collision frontale
de voix disparates

un fond
de grande brocante

avec ses rues entassées
entre Horta et l'acier

avec ses vieux timbres de monarques
qui cotoient les putes polyglottes
et qui se saoûlent à la Jupiler

bruxelles
expose ses déchirures
ses racines pêle-mêle
ses ramifications
ses bifurcations
ses embranchements
ses intraveineuses
de soirée
en palace

c'est le carnaval
et les eurodéputés
portent des masques africains
volés au Congo
puis dansent nus
pour oublier
les enfants armés
disparus
dans la grisaille

une chimère
est née à Bruxelles
elle marche
sans tête
ni corps
et avale
tout ce qui respire

tandis
qu'une barque
de bureaucrates
rame
errante
pour tenter
de se souvenir
qu'une europe mutante
brûle des euros
pour se réchauffer
en plein soleil

2015-05-01

grandir

tu me parles
de grandir
à nouveau
de te laisser porter
de suivre une nouvelle vague
de t'y submerger 
de t'y noyer

mettre ma tête à prix
mettre mon corps
dans le composteur
et attendre
la chair
d'un terrain vague

lost
à temps perdu
à avaler des mensonges
dans des vapeurs de méthane

tu es mon amiantose
tu pollues mon souffle
quand je pénêtre
le tien