je m'acharne
à vivre
je me décharne
à vivre
sans vivre
ni vivres
tellement
de peaux
laissées
derrière
que je n'ai plus
de chair
à donner
que des muscles perdus
des tendons abandonnées
sur une poignée de nerfs
jetés à la face du monde
des synapses
débranchées
qui tiltent
vers le néant
le grand vide
qui se nourrit
de nos seules présences
et de nos dernières viandes
qui luttent
qui palpitent
pour respirer
encore
à vivre
je me décharne
à vivre
sans vivre
ni vivres
tellement
de peaux
laissées
derrière
que je n'ai plus
de chair
à donner
que des muscles perdus
des tendons abandonnées
sur une poignée de nerfs
jetés à la face du monde
des synapses
débranchées
qui tiltent
vers le néant
le grand vide
qui se nourrit
de nos seules présences
et de nos dernières viandes
qui luttent
qui palpitent
pour respirer
encore