2013-08-30

pandore

il est bon 
de se souvenir
que c'était nous

de se rappeler
les home sweet home
sans penser 
à nos jouets usés
qui se noient
sur des îles de plastique
en plein Pacifique

il est bon
de se rappeler
qu'il faut se tenir debout
et user de notre main préhensile
de débris humains 

il est bon
de se tenir debout
à tout prix
pour échapper 
au zoo domestiqué
... notre seule prison 
possible/impossible

il est bon
de continuer à faire semblant
de faire comme si nous nous appelions encore: l'homme 
pour dévorer notre petite cage ennuagée
sous un soleil accroché dans le vide

il est bon
de subir sa propre captivité 
de vivre en mammifère supérieur
sur un petit caillou humide
jonché de scories

tout
dérape

viens
nous entreposerons
nos génomes
de chiens savants
dans un thermos
en attendant
un dernier tsunami

2013-08-23

ombilicaux

un cancer te ronge sans que tu y penses
tes pas résonnent d'une insomnie à l'autre

une boussole
sous ta fontanelle
tu erres
tu distilles
ton sommeil lucide
au fond des raffineries
les yeux ouverts
tatoués par les LEDs
avec la rétine blanchie
par du javel en poudre

des cordons ombilicaux
relient les interstices
d'une ville à l'autre

je recommence à tisser ma toile
je me prépare à mendier
une nouvelle toison de refuge

2013-08-16

cowboy graffiti

aux autoroute de poussières
aux gratte-ciels qui usent les nuages
je lègue ma fatigue
celle qui me force à vieillir
sur la route

mes heures mortes
finiront dans le peyotl
de la Death Valley

viens,
nous irons boire en cachette
pour danser 
comme des bêtes de foire

nous paraderons 
dans des robes de funérailles
souillées au tequila sunrise
puis nous irons
au fond des canyons
avec nos mitraillettes de plastique
pour abattre nos rêves érodés
sur l'indifférence
du calcaire usé

nous y laisserons
nos graffitis
de cowboys obcènes
avec nos sexes de cuir

de nos veines percées
nous ferons naître
de nouvelles griffes
en plein jour

2013-08-09

Waiting for Paris

Paris
à se battre
contre un ciel gris
un ciel d'aluminium
de gasoil et de charbon

Paris
grisé
par la suie
évitant les visages dépolis
dans le RER

Paris
à enjamber
les ponts
et le gris de la Seine

Paris
dans le gris
de Paris

Paris
à attendre
toujours attendre

Paris
en solitaire grisonnant
sur le quai d'une gare
gare du Gris
gare du Nord
gare de Lyon
gare Montparnasse
avec ces trains qui n'arrivent plus
et ces vies qui retardent

Paris
à errer
dans le gris

Paris
à se bousculer
dans le gris

Paris
à s'engueuler
dans le gris

Paris
sans repères
à se mettre en file
dans le beige interchangeable
des murs et des passages

à Paris
George Eugène Hausmann
dessine un labyrinthe
sans en chercher l'issue

à Paris
je n'ai pas d'habitudes

à Paris
je suis dans le gris
les rues se confondent
les cafés débordent
le gris des Gitanes
se noie
dans le gris des terrasses
à fumer clope sur clope
à manger kebab sur kebab
à boire à boire
à se bourrer la gueule
à se foutre de tout

Paris
toujours en retard

Paris
jamais à l'heure

Paris
surtout pas à l'heure

Paris
surtout pas d'avance

Paris
à attendre

Paris
qui ne viendra pas