2015-07-31

froissé

tu m'as trompé
avec Paris

tu m'as laissé
pour les rues clonées
du baron Haussmann
et des pavés mouillés
aux éraflures vives

moi
petit animal soumis
laissé en lambeaux
au fond d'un lit souillé

petit rongeur
creusant son terrier
froissé dans les draps
insignifiant
nu 
dans les épluchures
d'une passe
sans peau

2015-07-24

collision

fatigué
de toutes ces collisions frontales
de nos craquelures fines
de nos fêlures luisantes
qui brillent dans le noir

mes nuits courtes
à écouter le bruit
des os qui flanchent

le claquement du calcaire dans la veine creuse 
des jugulaires qui se décrochent
au creux des clavicules

nos cris fracturés
ressemblent à des vertèbres 
qui ne nous soutiennent plus

les tympans
s'enfoncent
nous sommes perclus
dans le silence
perfusés dans le smog
avec un embouteillage
dans le souffle

nos haleines alourdies
goûtent la naphtalène
frelatée

tu commandes 
de l'amiante en flocons
pour sniffer le désespoir
et arrêter l'incendie
qui se propage

2015-07-17

nouvelles terres

un bouquet
de rouille
et de roses grises
de cendres
et de barbelés

un bouquet
pour nourrir
les pouponnières
les terres à venir
les jachères
les attentes
puis les attentats
sous la grave solide
au fond de la trachée
compacte de gravats

ce qui attend
dans les strates
de nos dépôts
cherche à mourir

ma bétonnière
braquée sur le néant
charge des viandes
et décharge
ses sédiments
déposés
couche sur couche
dans la sédentarité
la plus solitaire

2015-07-10

Stockholm syndrome

tu es ma petite vérole
attachante
entremetteuse 
de salives sauvages
lorsque
ma langue
mouille le sol
d'une dentelle
de fange intiale

ton échine
plonge
dans l'animal
sur des entrecuisses
sculptés
en silence

je t'aime
depuis
que tu m'as ligoté
sur ce désir de vengeance

tu gruges
mes os
debout
de mon cloaque
à t'enraciner
dans un sol boueux
comme un murmure 

mon fantasme véniel
de cuir lustré
t'arrives
debout
les pieds
avec
tes empreintes
glissées
au fond de mon thorax
comme
un trou noir

cherchant
la boue du souffle
qui bat au coeur
sans planification
sans stratégie
je survis
sous les cagoules
et les menottes

2015-07-01

comètes

déconfiture momentanée
l'expansion des gaz
la cabine qui dépressurise
l'appel des comètes
qui se noie
dans le grand vide
du tunnel du métro

la posture rauque
des chairs de travers
à force de se ronger les ombres

passage à vide
à rapiécer des lueurs
pour se refaire un soleil
ou un patchwork de rayons

à recoller 
au fond de soi
une étoile rapiécée
pour repartir la combustion
pour rallumer les flambeaux

d'un seul coup
les étincelles
du passage à viande
brillent jusqu'au regard
on peut presque y voir
la voie lactée
au complet