2016-02-26

respirer

je m'acharne
à vivre

je me décharne
à vivre
sans vivre
ni vivres

tellement
de peaux
laissées
derrière
que je n'ai plus
de chair
à donner

que des muscles perdus
des tendons abandonnées
sur une poignée de nerfs
jetés à la face du monde

des synapses
débranchées
qui tiltent
vers le néant

le grand vide
qui se nourrit
de nos seules présences
et de nos dernières viandes
qui luttent

qui palpitent
pour respirer
encore

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