je fabrique pour toi
une poupée vaudou
de viandes sales
et de tissus volés
en collant tes cheveux épars
sur des découpes de cotons
et des greffons de plaies
tout s'agite
dans ma cicatrice
et le fond
de ma fontanelle
se brouille
je revois la salissure vague
ce souvenir indélébile
d'une tache originelle
j'irai alors
à la pharmacie
me faire une copie
de ton génome
pour me procurer
une belle saloperie
numérique
se voulant pure
mais coupée aux détergents
cousue aux aines
avec des tie-wraps
dans un salon de tatouage
je sortirai
de la chambre
hors des draps
avec une morsure
aux commissures
mon souffle
vierge
impur
gonflera
ma peau enfouie
sous des cartilages bruts
de tressages
et de barbelés brillants
filés d'un acier neuf
nos bouts de crevures
qui baisent
dans la noirceur
nos carcasses
de pauvreté
s'enlaçant
sur un terrain vague
ce lieu désaffecté
sous les viaducs
pour jouer
comme avant
à tag barbecue
ou à chat perché
avec la nuit
et ses griffures
je me fais
des greffes de lampadaires
des infusions de sécurité
aux vagues allures d'hommes
pollués
mais debout
pâles
translucides
dans un matin cireux
de particules fines
à respirer
le diesel
du matin
pendant
que s'accumule
une colère brute
brune de smog
qui débordera
dans tous
les bouchons
du périph'
une poupée vaudou
de viandes sales
et de tissus volés
en collant tes cheveux épars
sur des découpes de cotons
et des greffons de plaies
tout s'agite
dans ma cicatrice
et le fond
de ma fontanelle
se brouille
je revois la salissure vague
ce souvenir indélébile
d'une tache originelle
j'irai alors
à la pharmacie
me faire une copie
de ton génome
pour me procurer
une belle saloperie
numérique
se voulant pure
mais coupée aux détergents
cousue aux aines
avec des tie-wraps
dans un salon de tatouage
je sortirai
de la chambre
hors des draps
avec une morsure
aux commissures
mon souffle
vierge
impur
gonflera
ma peau enfouie
sous des cartilages bruts
de tressages
et de barbelés brillants
filés d'un acier neuf
qui déchirent
nos restants de créatures banalesnos bouts de crevures
qui baisent
dans la noirceur
nos carcasses
de pauvreté
s'enlaçant
sur un terrain vague
ce lieu désaffecté
sous les viaducs
pour jouer
comme avant
à tag barbecue
ou à chat perché
avec la nuit
et ses griffures
je me fais
des greffes de lampadaires
des infusions de sécurité
parce qu'il nous faut tenir bon
quand viendront
les animaux nouveauxquand viendront
aux vagues allures d'hommes
pollués
mais debout
pâles
translucides
dans un matin cireux
de particules fines
à respirer
le diesel
du matin
pendant
que s'accumule
une colère brute
brune de smog
qui débordera
dans tous
les bouchons
du périph'
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