2012-03-04

digue

j'ai creusé ta poitrine 
dynamité tes entrailles 
à la recherche de ta voix 
avec l'espoir de te retrouver 
avec un peu de ton souffle 
mais rien n'a changé 


il n'y pas de survivants


tu restes immobile 
avec ce regard de cauchemar
plongé sous l'eau 
plongé 
noyé 
débordé
par un fleuve trop grand 
une inondation
une embâcle noire
vomissant son béton
brisant tes remparts 
quand une digue a lâché 


l'eau a rempli 
le vide sans attendre


tes poumons 
puis le sang qui pâlit 
au ralenti 
calfeutrant tout
de sa glace pourpre


nous sommes ici 
à la fin des lueurs 
ce qu'on éteint 
ressemble
à une mutilation volontaire
pour ne plus voir

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