le train
révèle
tout
les tunnels
les usines
vides
comme les revers
comme des façades inattendues
dans un cauchemar
tu reproduis
tout ce qui
se dessine
à l'endos
des villes
le train
traverse
tout
sans retour
possible
les déchets
l'urine
les villes
les blocages
les entraves
les chaînes
on ne nous libère jamais
le passager
est captif
voyeur
d'un paysage
qui s'expose
à toute vitesse
le béton
nous fait mal
sous nos plaies
blanches
d'efflorescence
nos villes
ressemblent
à des éteignoirs
où on se fait descendre
lentement
un à un
nous sommes
comme ces graffitis
tous semblables
et animés
d'une révolte
photocopiée
en noir et blanc
au dépanneur du coin
le train
traverse
les charniers
les zones urbaines sensibles
les abattoirs
tout ce qui grouille
avec
ses dentelles de rouille
ses dentelles de rouille
et ses petits bouts de ciel
derrière les conteneurs
les enfants
jouent
avec des mégots
puis boivent
des vodkas de misère
pour
se coucher
sur les rails
une façon
de passer
de passer
le temps
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