2011-12-22

verso

le train
révèle 
tout

l'obscène
les tunnels
les usines 

vides

comme les revers
comme des façades inattendues
dans un cauchemar

tu reproduis
tout ce qui 
se dessine
à l'endos
des villes

le train
traverse 
tout
sans retour
possible

les déchets
l'urine 
les villes
les blocages
les entraves
les chaînes
on ne nous libère jamais

le passager
est captif
voyeur
d'un paysage
qui s'expose
à toute vitesse

le béton 
nous fait mal
sous nos plaies 
blanches
d'efflorescence

nos villes 
ressemblent 
à des éteignoirs
où on se fait descendre
lentement
un à un

nous sommes
comme ces graffitis
tous semblables
et animés
d'une révolte 
photocopiée
en noir et blanc
au dépanneur du coin

le train
traverse 
les charniers
les zones urbaines sensibles
les abattoirs
tout ce qui grouille
avec
ses dentelles de rouille
et ses petits bouts de ciel
derrière les conteneurs

les enfants 
jouent
avec des mégots
puis boivent 
des vodkas de misère
pour
se coucher
sur les rails
une façon
de passer 
le temps

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