2011-07-25

porto

le rubis sucré
que tu verses
dans un verre
fait écho
à ta cigarette allumée
dans une négligence
parfaite

déterminée
ta démarche
grave
me rappelle
les gestes d'une évadée
sortant
d'un pénitencier
ou d'un centre d'appel

la tête
dans le sable
on boit
à ta santé
dans un triplex de Rosemont
plus froid
qu'un congélateur de boucher
quand janvier
nous passe au travers

je passe mon temps
à suivre
les veines bleues
qui irriguent
tes cuisses musclées
entre le vice
et le vin rouge

je passe
mes doigts
dans ta chevelure
noire
bouclée
qui sent les herbes couchées
d'un soleil
révolu
oublié
au Parc Lafontaine

tu te ressers
un verre

tu le cales d'un coup
en riant
en pointant
les incendies
que tu as allumé
sans que je m'en aperçoive

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