tout ce qui part
en fumée
s'écoule
entre nos doigts
comme du sable
avec
nos porosités
nos capillarités
nos dermes
pas trop étanches
on essaie
de retenir les choses
à coup
de digues
de barrages
nous mettons
nos émotions en conserve
nous marinons tout
dans un congélateur de morgue
mais
ça bouge quand même
le béton fissure
les rides arrivent
le corps
ne répond plus
ne se déclenche plus
au bon moment
nous
ne sommes pas si libres finalement
dans nos cellules
nos serrures
des grands jours
avec ces deuils
qui s'enchaînent
et qui nous suivent partout
nous
sommes
un nombre défini
de battements de coeur
une quantité
de souffles
puis plus rien
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