2011-06-19

forêt

une forêt
la nuit
la torche remue
le fond du bois
pour réveiller
nos racines engluées
dans de vieux envoûtements
bitumineux

avec nos panaches
de mâles
laissant leurs traces
au passage
nous irons brasser
les cendres froides
de nos anciens rituels

nous piétinerons
le sol boueux et froid
avec nos pieds nus
pour oublier
les engourdissements
les callosités
la civilisation entière
dans nos carcasses
rendues molles
par la domestication

viens
nous ferons revenir
les sentiments évaporés
dans un mouchoir imbibé
d'essence

puis
nous éclairerons
avec les phares du pickup
la sauvagerie banale
les barbelés noyés
les caisses de 24
les chalets en préfini
et nous ferons
du tir au pigeon d'argile

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