(pour Jacqueline)
des animaux
des totems
des fétiches
des sacrifices incomplets
quand la bête ne meurt pas tout à fait
et qu'il faille l'achever
le corps raidi
irradié
envahi par les monstres
qui enfilent les visages
la laideur de la mort
quand on la regarde en face
quand on la touche
quand on la montre
spectacle
du poids de la chair inerte
démonstration
déformant
la carcasse
les traits
le faciès
floués par le réel
défilant
sous un masque
comme au carnaval
le souffle a glissé
en quittant
en colmatant les ouvertures
pour commencer un obscène ravage
lueur éteinte
quand tu ne bouges plus
ton visage gris
comme un totem
à ton effigie
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