debout
malgré les ouragans
défiant les déferlantes
en ces temps gavés
obèses de l'outrance
je me suis tellement
parfumé
maquillé
paré
emballé
suremballé
shrinkwrappé
dans la méfiance
que même mon coeur n'a plus le même ciment
je reste là
à trimballer nos corps de géants
dans les murailles du centre-ville
les gitans du béton
que rien ne désarme
ont des grenades dégoupillées
dans les poches
et rient
mais ils ne nous font pas peur
car rien ne pourra déchirer nos visages
ni les attentats
ni les prises d'otages
ni les enlêvements
tu seras alors
ma demande de rançon
nos muscles gonflés par l'orage
s'accoupleront dans la rage
nous aurons le courage
de ceux qui copulent
comme des empereurs
sous les débris d'obus
voiles tendues
draps en désertion
les ongles
grattent
scrappent
font leur forage
pour trouver l'or enfoui
sous nos empreintes
* titre d'un poème de Denis Vanier
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