la source salie
par nos mains lépreuses
l'eau impure
que l'on doit boire malgré tout
la soif étant toujours plus forte que nous
le pus et le sperme mêlés
sur nos fourrures insoumises
inconscientes du frisson
ton cri brûlant
qui déchire tout
soir après soir
nuit sur nuit
sur nuit
sur nuit
sur moi
sous lui
tellement de nuits
sans que le jour
ne puisse naître
litanie de plaintes avortées
cachées
clandestines
en des plaies
qui ne cicatriseront jamais
monte moi
aux fièvres qui enserrent tes viscères
à l'épicentre illicite
qui agite tes omoplates
sous le musc du feutre
tu refuses
tu réfutes
tu nies
tu dis
que rien ne t'ébranlera
et que tu iras ailleurs
pour voir l'aube
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