la chair m'éclaire
au creux des poils
à l'opulence des aines
pour tes jupes trop courtes
tant de nuits sans lumière
à la claustrophobie rauque
des paroles rajoutées au silence
dans ma prison
de verbes noués
si parfaitement ajustés
nous survivons pourtant
à l'emmurement à vif
nos phrases perçantes
ouvrant des brèches au désir
tout ce qui s'échappe
comme le sable
ressemble à notre monde incendié
je me souviens alors
le brasier inavouable
allant de tes gestes bruts
à l'impudeur de tes lèvres
c'était au temps des détournements de hanches
l'époque des tournois de défiance
où s'enflammait notre témérité
où ma turgescence froissée
vomissait des lueurs
incessantes
de tant de tisons
ta voix frémit
aux braises parfois
tu fermentes l'envie
et l'affolement te rappelle
le foisonnement
sous le ficelage
les morsures pélagiques
les cordages aux poignets
on repasse en boucle
toutes les séquences du cataclysme
tu rumines
assise
sur le trottoir
aux fissures de la nuit
quand tout se casse
et crépite
la décharge noire
de tes poings crispés
frappe l'air
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