les camions dérivent
comme des caillous tordus
dans un torrent
d'embolies tectoniques
je t'ai vu
tatoué au plutonium 239
debout sur un toit
les poumons pleins
de nuages
de fumées
de vapeurs nucléaires
à twitter ta panique
sans attendre les secours
sur toi
les dérives arrivent
et tu agites un drapeau blanc
aux bateaux échouant
sous les viaducs
nul part où aller
quand le cellulaire
sonne
sonne
sonne
l'ordi se déconnecte
et te laisse ici
dans un trop-plein
de confusion
sur toi
les épaves chavirent
rien que des vagues
qui salissent
blessent
et coulent
dans une marée noire
de restes humains
ton souffle
court
entre les secousses et les cris
lessivé
entre les plafonds qui déchirent
et le sol qui craque
abrégé
entre la terre qui se défile
et celle qui prend toute la place
on dit que
le peuple tremble
moins que la terre
pourtant
une rate nucléaire
lui ronge les mitoses
lui bouffe les méioses
lui fait fondre le coeur
au creux des réacteurs
le mont fuji
rugit
gronde
puis se calme
pour digérer les compteurs geiger
et les restants de nagasaki
en son ventre
des dragons patients, immobiles
épient la prochaine épilepsie des plaques
en fumant des pastilles frittées de MOX
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