2011-03-10

drella camera obscura

un film ivre
aux images cassantes
déshabille le centre-ville

au coin de la rue
des starlettes piétinées par l'ennui
s'échangent des lambeaux de dialogues
pour une pharmacie noire
pour une pharmacie blanche
pour rien du tout
pour se nourrir
leurs veines démaquillées
pourrissant à même leurs ossements

il faut savoir
tout ce qui se cache sous le velours de Cental Park
ou dans les remous vaseux des des tripes de Times Square

j'ai souvenir de ce long métrage immobile

Andy Warhol peignant un paysage monochrome

entre New York et Nagasaki
la caméra tendue entre les doigts
capturant la conspiration des insomniaques

cette envie de contre-plongée
de zoom pénétrant
révélant
la noyade des apparences

pour un gros plan
assourdissant
dissonant
qui résonnera encore
quand arrivera le soleil du matin
et que Nico chantera Sunday Morning
sur le générique final

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