2011-03-11

asile

mes drapeaux
flottant à la morphine
à force
de fréquenter
les tentes d'oxygène

à l'architecture des nerfs
j'ai mutilé mes inflexions
bétonné mes envies
emmuré vivant
j'y ai laissé des traces
de doigts pollués

je t'accepte encore
toi et tes invitations coriaces
où les downers se mêlent
à la rage

nous ferons un autre duel
entre ton ventre et ma main

au recoin où les laines mortes gémissent
j'étire la machine de mes cuirs

tu évoques
la sueur
le martyre
la salive gelée au laboratoire
la sainte relique du SIDA

un cri
agite ma gorge stupéfaite
et se heurte
au plâtre froid
d'un matin friable

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